Philippe Houzé
Photographe
Edito :
Les Amérindiens, dans leur immense sagesse, disaient avoir pour mère la Terre et pour père le Grand Esprit. Dans notre course au profit et à une croissance inconditionnelle, il est peut-être temps de nous inspirer de cette sagesse et de témoigner d'une plus grande gratitude envers la planète qui nous accueille, son histoire évolutive nous prouve qu'elle peut très bien se passer de l'humanité !
Alors oui, j’aime ma mère la Terre, fertile et nourricière, j’aime le dessin éphémère des nuages qui voyagent au gré du vent, j’aime le tronc des arbres, sages et forts, où se dessine le récit silencieux de leur histoire.
C'est en captant de notre mère nature ces éléments simples mais propices au hasard, sans aucun artifice, que je tente de saisir la magie de ces vibrations qui jouent la musique de nos âmes, dans l’équilibre miraculeux des lignes, des formes, des couleurs, des ombres et des lumières, qui prennent vie en résonance les uns aux autres pour vibrer à l'unisson de l'univers...
Souvenirs :
Je me souviens, alors que je ne devais pas avoir plus de 4 ou 5 ans, de ces moments où j’accompagnais mon père qui allait de ferme en ferme pour battre le blé des moissons avec une énorme batteuse à poste fixe, motorisée par un de ces énormes tracteurs d’une mécanique redoutable de simplicité et de robustesse dont on pouvait compter les explosions du moteur, qui transmettait toute sa puissance par un entrelacement de larges courroies plates que seul un alignement millimétré permettait de fonctionner. Je me souviens de ces ouvriers de batteuse à l’accent méditerranéen et au tempérament brut qui prenaient plaisir en me voyant, à feindre de me jeter dans la batteuse si après un semblant de course ils parvenaient à m’attraper. J’ai encore en moi la chaleur moite et étouffante qui régnait dans ces granges, du bruit, de l’odeur de blé, de la poussière et de la paille dans laquelle je me cachais pour éviter l’ultime sentence.
> Croyances d'un anti-septique :
> Beliefs of an Anti-Sceptic :
